mégots tortue

Le tabagisme, néfaste pour l’environnement

Fumer n’est pas seulement néfaste pour la santé, cela a aussi un énorme impact sur l’environnement. A chaque fois qu’une cigarette est fumée, des substances chimiques sont larguées dans l’atmosphère, ce qui pollue l’air. Mais cela est loin d’être le seul impact néfaste que provoquent les cigarettes sur l’environnement.

Chaque année, environ 6 milliards de cigarettes sont produites dans le monde, avec près de 616 millions de tonnes de mégots jetés dans la nature.

Il est temps de comprendre que les mégots de cigarettes font partie de la même catégorie de déchets que les bouteilles plastique ou les emballages de glace.

Les jeter dans le caniveau, par la fenêtre de la voiture, ou les laisser sur la place n’est pas acceptable, mais pour une raison ou une autre, en société, de telles actions ne sont pas encore perçus comme quelque chose de mal.

Arrêter le tabagisme est certainement très difficile, cependant, si nous appelions les services téléphoniques d’aide à l’arrêt du tabac, les conséquences du tabagisme pourrait être réduites.

Les mégots de cigarettes sont le déchet le plus jeté au sol dans le monde et un pollueur majeur sur les côtes.

Selon les résultats des examens publics sur la pollution plastique, les mégots de cigarettes représentent près de 30% des déchets plastique collectés.
Selon une étude, à Washington, la majorité des fumeurs (74,1%) ont jeté, au moins une fois, leur mégot par terre ou par la fenêtre d’une voiture.

Les mégots de cigarettes contiennent du plastique

La plupart du temps, les filtres de cigarette sont faits d’acétate de cellulose. Il s’agit d’un type de plastique. Ils ont besoin d’environ 20 ans pour se décomposer, pour finalement ne pas complètement disparaître et devenir du micro-plastique.

Ils ne seront plus visibles, mais ils resteront dans l’eau, se mélangeront dans le sable et pourront se retrouver dans nos assiettes à travers la chaîne alimentaire.

Aux États-Unis, les filtres d’acétate de cellulose peuvent être recyclés en bancs. Mais cela n’est pas une solution au problème, cela traduit une : nous n’avons pas besoin d’autant de bancs, qui finiront tout de même par se retrouver à la déchetterie.

Les cigarettes contiennent des substances dangereuses

La composition des résines de tabac, qui se déposent sur les filtres en acétate de cellulose, se comporte de plus de 3 500 substances chimiques.

Plusieurs d’entre elles sont toxiques pour les poissons mais aussi cancérigènes pour l’Homme. Parmi ces substances toxiques, se trouvent de l’aluminium, du brome, du chrome, du cuivre, du fer, du plomb, du manganèse, du nickel, du strontium, du titane, du zinc, du cadmium, du mercure, de l’arsenic, facilement transportés par l’eau, polluant ainsi le sol et l’eau.

Les résultats de expériences montrent que les substances chimiques dérivées des filtres de cigarettes sont mortels pour la daphnie (de petits crustacés) : il suffit d’un mégot et demie dans un litre d’eau pour que tous les organismes vivants présents dans l’eau meurent sous 48 heures.

La production des cigarettes affecte le changement climatique.

La production de tons d’acétate de cellulose entraine l’émission d’1,4 tonne de gaz à effet de serre en CO2.

Aux États-Unis, environ 44 000 tonnes de déchets prennent la forme de filtres de cigarettes, chaque année. Il s’avère que, seule, la production de filtres génère l’émission annuelle de plus de 61 millions de tonnes de gaz à effet de serre, ce qui est l’équivalent de l’empreinte carbone annuelle de 15 400 personnes (sachant qu’en moyenne, l’empreinte carbone d’une personne est de 4 000 tonnes de dioxyde de carbone par an).

La production annuelle de tabac entraine l’émission de près de 84 millions de tonnes de gaz à effet de serre : c’est l’équivalent des émissions du Pérou ou de l’Israël chaque année.

Que faire ?

Aux États-Unis, la lutte contre le tabagisme se concentre principalement sur la délimitation de zones où cela est permis ou non. En parallèle, l’industrie du tabac continue de produire des milliards de cigarettes et il est peu probable que l’interdiction de fumer dans les avions ou que les services téléphoniques d’aide à l’arrêt du tabac puissent freiner la situation.

Le premier mai, jour de la Journée mondiale sans tabac, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a présenté un rapport portant sur les conséquences du tabagisme sur l’environnement mondial.

La journée mondiale sans tabac, présente sur la liste des Journées Internationales des Nations Unies, a été officiellement proclamée par l’OMS en 1988. Son thème, en 2017, formulé dans le titre « Le tabac est une menace au développement », vise à attirer l’attention de la communauté internationale sur les conséquences mondiales du tabagisme et à « accentuer les efforts sur le contrôle du tabac, dans le cadre de l’implantation des Objectifs de développement durable jusqu’à 2030. » Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, « le contrôle du tabac peut casser le cycle de la pauvreté, aider à éradiquer la famine, promouvoir l’agriculture durable, la croissance économique et prendre mieux en considération le changement climatique. »

Le rapport de 72 pages, intitulé « Le Tabac et Son Impact Environnemental : Étude », regroupe les informations de scientifiques des États-Unis, du Canada, d’Allemagne et d’Australie. Il y a quelques faits intéressants qui ressortent de cette étude et l’OMS a tenu à la publier pendant la Journée mondiale sans tabac.

Le tabac tue plus de 7 millions de personnes par an et demeure la plus grande cause mortalité évitable. En 2012, environ 947 millions de fumeurs dans le monde ont consommé 6,25 milliards de cigarettes chaque année. Près de 80% des morts prématurés issus du tabagisme se manifestent dans les pays à faible et moyen revenus.

Chaque année, 11,4 millions de tonnes de bois sont utilisés seulement pour le séchage du tabac (comme carburant), sans parler des coûts additionnels liés à la production du papier à cigarette et de l’emballage pour les produits manufacturés.

Chaque année, le tabagisme amène dans l’atmosphère 3 à 6 000 tonnes de formaldéhyde, 17 à 47 000 tonnes de nicotine, 3 à 5 millions de tonnes de CO2.

Pour seul le séchage de feuilles de tabac, toutes les 300 cigarettes produites dans le monde, un arbre est brûlé.

Pour la culture du tabac, 4,3 millions d’hectares sont exploités chaque année, représentant 2 à 4% de la déforestation mondiale.

Près de 10 fois plus de cigarettes sont fumées en Chine que dans n’importe quel autre pays. L’industrie nationale de tabac de Chine (CNTC) produit environ 44% de toutes les cigarettes consommées dans le monde mais ne présente aucun rapport public sur son impact environnemental.

La consommation annuelle et totale d’énergie des entreprises de tabac équivaut à la construction d’environ 2 millions de voitures.

Chaque année, le tabagisme amène dans l’atmosphère 3 à 6 000 tonnes de formaldéhyde, 17 à 47 000 tonnes de nicotine, 3 à 5 millions de tonnes de CO2.
Pour répondre à ces problèmes, l’OMS a mis sur la table la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, initialement adopté en 2003.

Son cinquième volet est totalement dédié à la protection environnementale et inclut des mesures telles que la publication obligatoire de rapports détaillés environnementaux par les entreprises de tabac, la protection de la population de la fumée de tabac, la régulation des composants des produits de tabac, l’amélioration des connaissances sur les effets du tabagisme, les interdictions sur la publicité autour de produits de tabac, l’introduction de la responsabilité environnementale des entreprises, etc.

Toutefois, la meilleure option reste probablement d’appeler un service téléphonique d’aide à l’arrêt du tabac et d’arrêter de fumer plutôt que de nuire à soi ou à la nature. En achetant des cigarettes, nous créons un besoin pour une nouvelle production, ce qui signifie soutenir une industrie aux dessous sordides.

Une étude montre que les mégots, même une fois éteints, continuent d’émettre des substances chimiques, pendant plusieurs heures voire plusieurs jours.

Les mégots de cigarettes éteints continuent d’émettre des substances chimiques, plusieurs heures voire plusieurs jours après avoir été éteints, exposant les personnes environnantes à ce que des scientifiques qualifient de « fumée tertiaire », selon une nouvelle étude américaine.

Les mégots peuvent être trouvés partout dans notre environnement urbain : sur les trottoirs, dans les parcs et dans les caniveaux. Détestés par les écologistes et les groupes anti-tabac, les mégots sont devenus la bête noire des villes qu’elles ciblent dans des campagnes contre les déchets sauvages.

Au Canada, les rues sont jonchées d’environ 52 millions de cigarettes, chaque année. Dans le monde, le National Geographic Magazine signale qu’il s’agit du déchet le plus jeté au sol, avec une durée de décomposition moyenne de 25 ans.

Bien qu’il y ait eu un nombre considérable d’études traitant de l’impact des mégots, une fois au sol (notamment sur l’impact des filtres plastique), peu d’études ont été conduites sur l’impact des mégots, une fois éteints.

mesure mégots

Mesurer les émissions des mégots « froids »

Pour répondre à cette question, la FDA (Food and Drug Administration) a fait appel à Dustin Poppendieck et ses collègues du National Institute of Standard and Technology de Gaithersburg, dans l’état du Maryland, aux États-Unis, pour mener à bien une étude.

Pour Poppendieck, le premier défi a été de comprendre comment mesurer les émissions des mégots « froids ». La réponse a été trouvée dans la construction d’une « machine à fumée » qui « fumerait » environ 2 100 cigarettes tout en préservant les techniciens des émissions.

L’équipe a ensuite collecté les mégots de cigarettes and les a placés dans une pièce hermétique. Des appareils de mesure ont alors été utilisés pour prendre des échantillons de l’air ambiant.

Poppendieck a trouvé les résultats plutôt surprenants.

Les résultats de l’équipe ont montré que la plupart des mégots continuaient d’émettre de la nicotine et la triacétine, un plastifiant utilisé dans les filtres, 24 heures après avoir été refroidis.

Poppendieck a été également étonnée de constater que le taux de concentrations chimiques restait à 50% du taux initial, 5 jours plus tard.

« Cela a été une expérience révélatrice », dit-il. « Depuis longtemps, nous savons que les mégots de cigarettes sont un problème, mais maintenant nous sommes en mesure de quantifier le taux de nicotine qu’ils émettent. »

La température joue aussi un rôle, ajoute-t-il. Les endroits chauds (définis avec une température de plus de 25°C dans cette étude) permettent aux mégots éteints d’émettre des substances chimiques à de taux plus élevés.

Une température ambiante froid ralentit les niveaux d’émissions.

« Durant l’hiver, nous pouvons voir un ralentissement, pendant l’été cela reprend de plus belle rapidement », dit-il.

La fumée tertiaire : une nouvelle voie d’exposition

Les voies d’exposition traditionnelles, telles que la fumée primaire (le fait de fumer une cigarette) et la fumée secondaire (le fait d’être exposé à la fumée produit par la cigarette) font l’objet d’études scientifiques depuis des années.

Plus récemment, les scientifiques ont veillé à examiner ce que Poppendieck qualifie de « fumée tertiaire » : les substances chimiques auxquelles une personne peut être exposée dans une maison d’un fumeur, par exemple. Les substances chimiques sont souvent trouvées sur les murs, les sols, la poussière et le mobilier des maisons des fumeurs.

Il indique également cela peut être ce que vous pouvez sentir lorsqu’un fumeur prend l’ascenseur avec vous. Les niveaux d’exposition, montrés dans les résultats de cette étude, se situent entre ceux de la fumée primaire et ceux de la fumée secondaire, affirme Poppendieck.

« C’est un peu entre la fumée primaire et secondaire : il ne s’agit pas de la fumée qui va généralement dans les poumons du fumeur », dit-il. « C’est autre chose ».

Poppendieck qualifie ce nouveau niveau d’exposition de fumée tertiaire.

Poppendieck signale qu’il ne peut affirmer si ce niveau d’exposition est dangereux : plus d’études doivent être réalisées. Néanmoins, les résultats montrent que ce phénomène de fumée tertiaire est l’équivalent d’une semaine d’exposition au tabagisme.

« La nicotine est addictive et cela se transmet dans l’environnement », dit-il. « Après une semaine, vous obtenez le même taux que si vous fumiez. »

Un exemple d’exposition à la « fumée tertiaire » serait de laisser un cendrier dans une voiture. Après environ une semaine, les émissions de ces mégots vont imprégner l’habitacle et les matériaux de la voiture, exposant les non-fumeurs aux substances chimiques.

Poppendieck déclare que tout l’enjeu est dans la réduction ou la suppression de l’exposition à la fumée tertiaire, en se débarrassant de façon responsable de ses mégots. Cela veut dire vider les cendriers ou autres contenants sans plus attendre.

Une façon de répondre à ce problème est d’utiliser un contenant hermétique, comme un bocal en verre avec du sable. Il y a aussi des cendriers avec aspirateurs de fumée sur le marché, ajoute-t-il.

Poppendieck admet qu’après cette étude il ne verra plus les mégots de cigarettes de la même façon et affirme que les mégots devraient être considérés comme déchets dangereux qui devraient être jetés proprement à la poubelle.

« L’essentiel est que les fumeurs devraient contenir leurs mégots de façon hermétique », conclue-t-il. «Soyez un fumeur responsable et rendez-les hermétiques. »

Paris : 23.000 mégots récupérés près du bassin de La Villette

L’ONG Surfrider Foundation Europe a récupéré beaucoup de mégots et autres déchets en peu de temps au bassin de la Villette.

Une opération éclair au bilan impressionnant. En 1h30, au bassin de la Villette à Paris, des volontaires d’une ONG environnementale ont récupéré une très grande quantité de déchets.

23.000 mégots. 4.150 capsules de bière. 760 emballages alimentaires. 430 gobelets en plastique. 300 bouteilles en plastique. 300 canettes en aluminium. 130 paquets de cigarettes. 150 bouteilles de verre… La liste semble sans fin. Il s’agit de ce que l’antenne parisienne Surfrider Foundation Europe a récupéré en 1h30 au bassin de la Villette dans le 19e à Paris. Le pire ? Ils n’étaient qu’une centaine pour cette opération coup de poing.

Mais que faisait une organisation qui se dédie à la protection des océans au cœur de la capitale ? L’objectif était de sensibiliser comme l’explique Lionel responsable local à nos confrères de 20 Minutes.

Il est toujours impressionnant de voir tout ce que l’on ramasse en si peu de temps et dans un petit périmètre. Ces déchets, les Parisiens ne les voient souvent plus tant ils feraient presque partie du paysage. Et pourtant, ils sont bien présents et ils polluent. Et aucun d’entre eux n’est arrivé ou tombé par terre par hasard.

Malgré les milliers d'amendes distribuées en 2017

Le plus impressionnant, ce sont sans doute les mégots. Alors qu‘une amende de 68 € peut être infligée, les Parisiens ne semblent pas y prêter attention. Or, un mégot jeté à Paris ne s’arrête pas là explique le militant.

Le mégot jeté par terre a toutes les chances de se retrouver dans la Manche faute d’un filtrage aujourd’hui totalement efficace. Sur son parcours, un mégot peut à lui seul polluer jusqu’à 500 litres d’eau.

Une action qui, peut-être, aura une influence sur les habitudes des Parisiens..

Un panneau contre les mégots sur la rocade de Perpignan

Après avoir subi un incendie tout proche des maisons, des riverains ont décidé de prévenir les automobilistes pour qu'il ne jettent pas leur mégot par la fenêtre.

Un nouveau panneau pour lutter contre les incendie a été planté sur la rocade de Perpignan. Il est entre le rond-point des Arcades et la route d’Argelès, juste en face du Clos des Lys. À cet endroit, un incendie a ravagé la végétation et menacé des maison et établissements le 14 juillet dernier.

Une initiative des riverains

C’est une initiative personnelle de riverains ou d’associations. Le panneau n’a été commandé ni par la mairie, ni par le conseil général ou les pompiers.

Le chef du Clos des Lys, Franck Séguret, est satisfait. “L’incendie a fait très peur. Même si c’est quelqu’un qui a jeté un mégot par la fenêtre, c’est pas un accident. Et ce panneau peut sensibiliser les gens et leur faire comprendre que jeter un mégot, c’est beaucoup de conséquences. Ici, il y a quand même du vent.” Et pour certains usagers, c’est encore trop gentil.

” Ce n’est pas une personne qui jette un mégot, c’est un con, un inconscient !” s’emporte Bruno

Nicole, s’invite dans la discussion : “Il faut une campagne à mon avis draconienne parce-que c’est tellement monstrueux. C’est criminel. Il faut mettre des panneaux partout. Oui pour la prévention, et surtout après pour la répression.”

Les pompiers n’étaient pas au courant qu’un panneau était là. Il y a des panneaux officiels dans les forets, ou encore cette allumette qui jalonne notamment les autoroutes, mais ce n’est pas nécessaire d’en faire plus. Ça polluerait le paysage. Tout est question d’éducation et de civisme.

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